Leçon 5 sur 18

Chapitre 5 — Algèbre de Boole

Niveau conseillé : Bac+1 / Bac+2 — Cycle préparatoire, BTS, BUT, Licence

Finalité du chapitre
Utiliser l’algèbre de Boole pour représenter, vérifier et transformer les fonctions logiques ; construire les formes canoniques à partir d’une table de vérité ; puis passer rigoureusement entre description, table, équation et circuit.

Présentation du chapitre

L’algèbre de Boole est l’outil mathématique utilisé pour décrire les systèmes logiques. À la différence de l’algèbre usuelle, ses variables ne prennent que deux valeurs, 0 et 1, et ses opérations fondamentales sont le complément, le produit logique et la somme logique. Les lois booléennes permettent de transformer une expression sans modifier sa fonction.

Ces transformations servent à vérifier des identités, à adapter un circuit à une technologie donnée, à réduire le nombre de portes et à construire des descriptions normalisées. Les théorèmes de De Morgan jouent un rôle central, car ils permettent de déplacer les inversions et de convertir des structures ET–OU en structures NAND ou NOR.

Le chapitre introduit ensuite les mintermes et les maxtermes. À partir d’une table de vérité, toute fonction peut être écrite sous une forme canonique somme de produits ou produit de sommes. La dernière partie formalise les méthodes de passage entre table de vérité, expression logique et circuit.

Objectifs pédagogiques

À la fin du chapitre, l’étudiant sera capable de…

Indicateur de maîtrise

énoncer et appliquer les lois fondamentalesune expression est transformée étape par étape avec la loi utilisée
vérifier une identité booléenneles deux membres donnent la même sortie pour toutes les combinaisons
appliquer les théorèmes de De Morganles opérateurs et les compléments sont transformés sans erreur
identifier un minterme et un maxtermechaque variable apparaît exactement une fois avec la bonne polarité
écrire une forme canonique somme de produitsles lignes où F=1 sont correctement traduites en mintermes
écrire une forme canonique produit de sommesles lignes où F=0 sont correctement traduites en maxtermes
passer d’une représentation à une autretable, équation et circuit décrivent la même fonction
analyser un circuit par signaux intermédiaireschaque sortie de porte reçoit une équation locale correcte

Prérequis

  • connaître les variables binaires et les valeurs logiques 0 et 1 ;
  • maîtriser les portes NON, ET, OU, NAND, NOR, XOR et XNOR ;
  • savoir construire une table de vérité contenant 2ⁿ lignes ;
  • lire une expression logique et respecter les parenthèses ;
  • identifier les entrées, sorties et signaux intermédiaires d’un circuit.

Notations utilisées

Opération

Notation principale

Notations équivalentes

Priorité usuelle

complément de A¬AA̅, NOT A1 — la plus forte
produit logiqueA·BAB, A AND B2
somme logiqueA+BA OR B3
parenthèses( … )regroupement expliciteimposent l’ordre
Règle de lecture
En l’absence de parenthèses, le complément est calculé avant le produit logique, puis la somme logique. Il est néanmoins conseillé d’ajouter des parenthèses dès qu’une ambiguïté est possible.

Organisation du chapitre

Section

Contenu principal

Compétence dominante

5.1lois fondamentales et identités dérivéestransformer et vérifier
5.2théorèmes de De Morgan et transformation de circuitsdéplacer les inversions
5.3mintermes, maxtermes et formes canoniquesnormaliser une fonction
5.4passage entre table, équation et circuitchanger de représentation
5.5travaux dirigés méthodiquesappliquer et justifier
5.6activité pratique de simulationvalider expérimentalement

Title: Figure 1 — Résumé des principales lois de l’algèbre de Boole. - Description: Figure 1 — Résumé des principales lois de l’algèbre de Boole.

Figure 1 — Résumé des principales lois de l’algèbre de Boole.

5.1. Lois fondamentales

5.1.1. Nature des opérations booléennes

Une identité booléenne est une égalité vraie pour toutes les valeurs possibles des variables. Elle ne décrit pas seulement un cas particulier : elle permet de remplacer une expression par une autre expression équivalente dans n’importe quel circuit. Deux expressions sont équivalentes lorsqu’elles produisent toujours la même sortie.

E₁ ≡ E₂ si et seulement si  E₁ = E₂ pour toutes les combinaisons des variables

Une loi peut être démontrée par raisonnement algébrique ou par table de vérité. La table de vérité est une méthode exhaustive : on calcule les deux membres ligne par ligne et on vérifie que leurs colonnes finales sont identiques.

5.1.2. Élément neutre

Un élément neutre ne modifie pas la variable à laquelle il est associé. Pour la somme logique, l’élément neutre est 0. Pour le produit logique, l’élément neutre est 1.

A + 0 = A    et     A · 1 = A

A

A+0

A·1

0

0

0

1

1

1

Exemple 1 — Entrée inactive

Dans Q = A + 0, l’entrée fixée à 0 ne peut jamais activer la porte OU : Q suit A.

Dans Q = A·1, l’entrée fixée à 1 ne bloque jamais la porte ET : Q suit également A.

5.1.3. Élément absorbant

Un élément absorbant impose à lui seul le résultat de l’opération. Pour une somme logique, la présence d’un 1 rend immédiatement le résultat égal à 1. Pour un produit logique, la présence d’un 0 rend immédiatement le résultat égal à 0.

A + 1 = 1    et     A · 0 = 0

A

A+1

A·0

0

1

0

1

1

0

Interprétation matérielle
Une entrée d’une porte OU forcée à 1 impose la sortie à 1. Une entrée d’une porte ET forcée à 0 impose la sortie à 0, quelle que soit l’autre entrée.

5.1.4. Idempotence

Répéter une même variable dans une somme ou dans un produit ne change pas le résultat. En logique, l’information « A est vraie deux fois » n’est pas différente de « A est vraie ».

A + A = A    et     A · A = A

Exemple 2 — Suppression d’une répétition

Q = A + A + B devient Q = A + B.

R = A·A·C devient R = A·C.

5.1.5. Complémentarité

Une variable et son complément ne peuvent pas être simultanément vrais. En revanche, l’une des deux valeurs est toujours vraie. Cette propriété produit deux identités essentielles.

A + ¬A = 1    et     A · ¬A = 0

A

¬A

A+¬A

A·¬A

0

1

1

0

1

0

1

0

Exemple 3 — Simplification par complémentarité

Q = B·(A + ¬A) = B·1 = B.

R = C + A·¬A = C + 0 = C.

5.1.6. Commutativité

L’ordre des variables ne modifie ni une somme logique ni un produit logique. Cette loi autorise le réarrangement des termes afin de rapprocher les variables identiques ou complémentaires.

A + B = B + A     et    A · B = B · A

Exemple 4 — Réorganisation

Q = A + C + B peut s’écrire Q = A + B + C.

R = A·C·B peut s’écrire R = A·B·C.

Le réarrangement prépare souvent une factorisation ou l’application de la complémentarité.

5.1.7. Associativité

Lorsque plusieurs opérations identiques se suivent, la manière de les regrouper ne modifie pas le résultat. Une porte à plusieurs entrées peut donc être décomposée en plusieurs portes à deux entrées sans changer la fonction idéale.

A + (B + C) = (A + B) + C

A · (B · C) = (A · B) · C

Limite physique
L’associativité garantit l’équivalence logique, mais pas nécessairement le même retard de propagation. Un regroupement peut créer davantage de niveaux de portes.

5.1.8. Distributivité

L’algèbre de Boole possède deux formes de distributivité. La première ressemble à la distributivité de l’algèbre ordinaire. La seconde, propre à la structure duale de l’algèbre de Boole, permet de distribuer une somme sur un produit.

A · (B + C) = A·B + A·C

A + B·C = (A + B) · (A + C)

Exemple 5 — Développement et factorisation

Développement : A·(B+C) = A·B + A·C.

Factorisation : A·B + A·C = A·(B+C).

Transformation POS : A + B·C = (A+B)(A+C).

A

B

C

A+B·C

(A+B)·(A+C)

0

0

0

0

0

0

0

1

0

0

0

1

0

0

0

0

1

1

1

1

1

0

0

1

1

1

0

1

1

1

1

1

0

1

1

1

1

1

1

1

5.1.9. Double négation

Complémenter deux fois une variable restitue sa valeur initiale. Dans un circuit idéal, deux inverseurs en cascade réalisent donc une fonction tampon logique.

¬(¬A) = A

A

¬A

¬(¬A)

0

1

0

1

0

1

5.1.10. Principe de dualité

Chaque identité booléenne possède une identité duale obtenue en échangeant simultanément les opérateurs + et · ainsi que les constantes 0 et 1. Les variables et leurs compléments restent inchangés.

Identité initiale

Transformation duale

Identité duale

A + 0 = A+ ↔ · et 0 ↔ 1A · 1 = A
A + 1 = 1+ ↔ · et 1 ↔ 0A · 0 = 0
A + ¬A = 1+ ↔ · et 1 ↔ 0A · ¬A = 0
A + B·C = (A+B)(A+C)+ ↔ ·A·(B+C) = A·B + A·C

5.1.11. Identités dérivées utiles

Certaines identités non listées parmi les lois de base sont fréquemment utilisées pour réduire une expression. Elles peuvent être démontrées à partir des lois précédentes.

Nom

Identité

Idée de démonstration

absorptionA + A·B = AA(1+B)=A·1=A
absorption dualeA·(A+B)=A(A+A)(A+B)=A
réductionA + ¬A·B = A + Bdistributivité : (A+¬A)(A+B)
réduction dualeA·(¬A+B)=A·Bdéveloppement puis A·¬A=0
consensusA·B + ¬A·C + B·C = A·B + ¬A·Cle terme B·C est redondant
Méthode de simplification
À chaque étape, écrire la loi utilisée. Une transformation justifiée est plus importante qu’un résultat obtenu intuitivement.

5.1.12. Exemple complet de transformation algébrique

Simplifier la fonction F = A·B + A·¬B + ¬A·B.

Étape

Transformation

Loi utilisée

1F = A·(B+¬B) + ¬A·Bfactorisation
2F = A·1 + ¬A·Bcomplémentarité
3F = A + ¬A·Bélément neutre
4F = A + Bidentité de réduction

La fonction simplifiée F = A+B peut être réalisée par une seule porte OU au lieu de trois produits, deux inverseurs et une somme dans l’expression initiale.

5.2. Théorèmes de De Morgan

5.2.1. Complément d’un produit

Le complément d’un produit logique est égal à la somme logique des compléments. Autrement dit, la condition « il n’est pas vrai que A et B soient tous les deux vrais » équivaut à « A est faux ou B est faux ».

¬(A · B) = ¬A + ¬B

A

B

A·B

¬(A·B)

¬A

¬B

¬A+¬B

0

0

0

1

1

1

1

0

1

0

1

1

0

1

1

0

0

1

0

1

1

1

1

1

0

0

0

0

5.2.2. Complément d’une somme

Le complément d’une somme logique est égal au produit logique des compléments. La condition « ni A ni B » exige que A soit faux et que B soit faux.

¬(A + B) = ¬A · ¬B

A

B

A+B

¬(A+B)

¬A

¬B

¬A·¬B

0

0

0

1

1

1

1

0

1

1

0

1

0

0

1

0

1

0

0

1

0

1

1

1

0

0

0

0

 

Figure 2 — Les deux théorèmes de De Morgan et la règle de transformation.

5.2.3. Généralisation à plusieurs variables

¬(A·B·C·…)=¬A+¬B+¬C+…

¬(A+B+C+…)=¬A·¬B·¬C·…

La règle s’applique à n’importe quel nombre de variables. Il faut complémenter chaque terme et remplacer chaque opérateur ET par OU, ou chaque opérateur OU par ET.

5.2.4. Méthode de transformation d’une expression

1. Repérer la barre de complément ou le symbole ¬ et déterminer exactement la sous-expression concernée.

2. Changer l’opérateur principal de la sous-expression : ET devient OU, OU devient ET.

3. Complémenter chacun des opérandes de cet opérateur.

4. Poursuivre récursivement lorsque les opérandes sont eux-mêmes des expressions composées.

5. Supprimer les doubles négations éventuelles.

6. Ajouter des parenthèses pour préserver l’ordre des opérations.

Exemple 6 — Complément d’une expression composée

Soit F = ¬[A·(B+C)].

Premier passage : F = ¬A + ¬(B+C).

Deuxième passage : F = ¬A + ¬B·¬C.

Résultat : F = ¬A + ¬B·¬C.

Exemple 7 — Autre transformation

Soit G = ¬[(A+B)·(C+D)].

G = ¬(A+B) + ¬(C+D).

G = ¬A·¬B + ¬C·¬D.

5.2.5. Utilisation pour transformer un circuit

Dans un schéma logique, un petit cercle sur une entrée ou une sortie représente une inversion. La règle dite de déplacement des bulles consiste à déplacer une inversion à travers une porte en changeant le type de porte : une porte ET devient une porte OU, et inversement. Cette transformation est une lecture graphique des théorèmes de De Morgan.

Circuit initial

Circuit équivalent

Équation

porte ET suivie d’un inverseurporte OU avec entrées inversées¬(A·B)=¬A+¬B
porte OU suivie d’un inverseurporte ET avec entrées inversées¬(A+B)=¬A·¬B
porte NANDOU à entrées actives à l’état basQ=¬A+¬B
porte NORET à entrées actives à l’état basQ=¬A·¬B
Principe de cohérence des bulles
Lorsqu’une sortie inversée alimente une entrée inversée, les deux bulles se compensent logiquement. Cette technique facilite la conception de réseaux NAND–NAND et NOR–NOR.

5.2.6. Réalisation avec NAND et NOR

Les formes somme de produits se prêtent naturellement à une réalisation NAND–NAND. Chaque produit est calculé par une NAND ; la NAND finale réalise la somme grâce à De Morgan. De manière duale, une forme produit de sommes se prête à une réalisation NOR–NOR.

Forme de départ

Structure universelle

Justification

F=P₁+P₂+…+Pₖ, chaque Pᵢ étant un produitNAND–NANDF=¬[¬P₁·¬P₂·…·¬Pₖ]
F=S₁·S₂·…·Sₖ, chaque Sᵢ étant une sommeNOR–NORF=¬[¬S₁+¬S₂+…+¬Sₖ]

Exemple 8 — Transformation NAND–NAND

F = A·B + C·D.

Insérer une double négation : F = ¬[¬(A·B + C·D)].

Appliquer De Morgan à la somme : F = ¬[¬(A·B) · ¬(C·D)].

Les deux produits sont réalisés par des NAND ; la combinaison finale est une NAND.

5.2.7. Erreurs fréquentes avec De Morgan

Erreur

Expression incorrecte

Correction

ne pas changer l’opérateur¬(A+B)=¬A+¬B¬(A+B)=¬A·¬B
oublier un complément¬(A·B)=¬A+B¬(A·B)=¬A+¬B
complémenter seulement le premier niveau¬[A(B+C)]=¬A+(B+C)¬A+¬B·¬C
perdre les parenthèses¬(A+B·C)=¬A+¬B·¬C¬A·(¬B+¬C)
confondre double négation et suppression générale¬(¬A+B)=A+B¬(¬A+B)=A·¬B

5.3. Formes canoniques

5.3.1. Définition d’une forme canonique

Une forme canonique est une écriture normalisée dans laquelle chaque terme contient toutes les variables de la fonction, chacune apparaissant exactement une fois, sous forme directe ou complémentée. Pour n variables, il existe 2ⁿ mintermes et 2ⁿ maxtermes.

Nombre de mintermes = nombre de maxtermes = 2ⁿ

Les formes canoniques ne sont pas nécessairement minimales. Leur intérêt est d’être obtenues mécaniquement à partir de la table de vérité et de fournir une description complète de la fonction.

5.3.2. Mintermes

Un minterme est un produit logique contenant toutes les variables. Il vaut 1 pour une seule combinaison d’entrée. Pour construire le minterme associé à une ligne, une variable est écrite directement lorsque son bit vaut 1 et complémentée lorsque son bit vaut 0.

Règle du minterme : bit 1 → variable directe ; bit 0 → variable complémentée

 

Figure 3 — Règles de construction d’un minterme et d’un maxterme.

Indice

A

B

C

Minterme

m₀

0

0

0

¬A·¬B·¬C

m₁

0

0

1

¬A·¬B·C

m₂

0

1

0

¬A·B·¬C

m₃

0

1

1

¬A·B·C

m₄

1

0

0

A·¬B·¬C

m₅

1

0

1

A·¬B·C

m₆

1

1

0

A·B·¬C

m₇

1

1

1

A·B·C
Indice du minterme
L’indice est la valeur décimale du mot binaire ABC. Ainsi, ABC=101₂ correspond au minterme m₅.

5.3.3. Maxtermes

Un maxterme est une somme logique contenant toutes les variables. Il vaut 0 pour une seule combinaison d’entrée. Sa règle de construction est l’inverse de celle du minterme : une variable est écrite directement lorsque le bit vaut 0 et complémentée lorsque le bit vaut 1.

Règle du maxterme : bit 0 → variable directe ; bit 1 → variable complémentée

Indice

A

B

C

Maxterme

M₀

0

0

0

A+B+C

M₁

0

0

1

A+B+¬C

M₂

0

1

0

A+¬B+C

M₃

0

1

1

A+¬B+¬C

M₄

1

0

0

¬A+B+C

M₅

1

0

1

¬A+B+¬C

M₆

1

1

0

¬A+¬B+C

M₇

1

1

1

¬A+¬B+¬C

5.3.4. Relation entre mintermes et maxtermes

Pour une même ligne i, le maxterme Mᵢ est le complément du minterme mᵢ. En effet, l’application de De Morgan au minterme inverse chaque littéral et transforme le produit en somme.

Mᵢ = ¬mᵢ    et     mᵢ = ¬Mᵢ

Exemple 9 — Ligne 101

m₅ = A·¬B·C ; il vaut 1 uniquement pour A=1, B=0, C=1.

M₅ = ¬A+B+¬C ; il vaut 0 uniquement pour cette même combinaison.

On vérifie que M₅ = ¬m₅.

5.3.5. Forme canonique somme de produits

La forme canonique somme de produits, aussi appelée somme de mintermes, est obtenue en additionnant tous les mintermes associés aux lignes où la fonction vaut 1. Elle se note à l’aide du symbole Σm suivi des indices.

F = Σm(i₁, i₂, …)

1. Repérer toutes les lignes où F=1.

2. Convertir le mot d’entrée de chaque ligne en indice décimal.

3. Construire le minterme de chaque ligne.

4. Relier tous les mintermes par des opérateurs OU.

5. Écrire éventuellement la notation compacte Σm.

5.3.6. Forme canonique produit de sommes

La forme canonique produit de sommes, aussi appelée produit de maxtermes, est obtenue en multipliant tous les maxtermes associés aux lignes où la fonction vaut 0. Elle se note à l’aide du symbole ΠM suivi des indices.

F = ΠM(j₁, j₂, …)

1. Repérer toutes les lignes où F=0.

2. Convertir chaque mot d’entrée en indice décimal.

3. Construire le maxterme correspondant.

4. Relier tous les maxtermes par des opérateurs ET.

5. Écrire éventuellement la notation compacte ΠM.

 

Figure 4 — Procédure de construction des deux formes canoniques.

5.3.7. Exemple complet à partir d’une table de vérité

Considérons une fonction F(A,B,C) définie par la table suivante.

A

B

C

F

0

0

0

0

0

0

1

1

0

1

0

1

0

1

1

0

1

0

0

0

1

0

1

1

1

1

0

0

1

1

1

1

Les lignes où F=1 ont pour indices 1, 2, 5 et 7. La forme somme de produits est donc :

F = Σm(1,2,5,7)

F = ¬A·¬B·C + ¬A·B·¬C + A·¬B·C + A·B·C

Les lignes où F=0 ont pour indices 0, 3, 4 et 6. La forme produit de sommes est :

F = ΠM(0,3,4,6)

F = (A+B+C)(A+¬B+¬C)(¬A+B+C)(¬A+¬B+C)

Contrôle rapide
Les indices de Σm et de ΠM doivent former ensemble l’ensemble complet {0,…,2ⁿ−1}, sans répétition. Ici : {1,2,5,7} ∪ {0,3,4,6} = {0,…,7}.

5.3.8. Écriture d’une fonction directement à partir d’une table

Objectif

Lignes à sélectionner

Terme à construire

Opération finale

forme somme de produitslignes où F=1un minterme par ligneOU entre les mintermes
forme produit de sommeslignes où F=0un maxterme par ligneET entre les maxtermes
Mémo de polarité
Minterme : recopier 1 sans barre et 0 avec barre. Maxterme : recopier 0 sans barre et 1 avec barre.

5.3.9. Forme canonique et forme minimale

Une forme canonique contient toutes les variables dans chaque terme, alors qu’une forme simplifiée peut éliminer des variables. Par exemple, m₂+m₃ = ¬A·B·¬C + ¬A·B·C se simplifie en ¬A·B, car ¬C+C=1. La forme simplifiée est généralement plus économique à réaliser.

Critère

Forme canonique

Forme simplifiée

obtentionmécanique à partir de la tablealgèbre de Boole ou Karnaugh
variables dans chaque termetoutes les variablescertaines peuvent disparaître
unicitédeux formes canoniques principalesplusieurs écritures minimales possibles
nombre de portessouvent élevégénéralement plus faible
usagedescription complète, départ de synthèseréalisation optimisée

5.3.10. Cas particuliers et valeurs indifférentes

Dans certaines applications, quelques combinaisons d’entrée ne se produisent jamais ou leur sortie n’a pas d’importance. Elles sont notées X, d ou « don’t care ». Elles ne doivent pas être traitées comme des 0 ou des 1 imposés dans la définition initiale, mais elles peuvent être choisies de manière avantageuse lors d’une simplification ultérieure.

Attention
Une valeur indifférente n’est pas une sortie inconnue due à une erreur. C’est une combinaison explicitement déclarée sans contrainte par le cahier des charges.

5.4. Passage entre différentes représentations

 

Figure 5 — Cycle de conversion entre les représentations d’une fonction logique.

5.4.1. De la table de vérité vers l’équation

La méthode la plus directe consiste à produire une forme canonique. Pour une somme de produits, chaque ligne où la sortie vaut 1 devient un minterme. Pour un produit de sommes, chaque ligne où la sortie vaut 0 devient un maxterme.

1. Compter les variables et vérifier que la table possède 2ⁿ lignes.

2. Choisir la forme souhaitée : Σm ou ΠM.

3. Relever les indices des lignes correspondantes.

4. Écrire les termes en appliquant la règle de polarité.

5. Combiner les termes avec l’opérateur externe approprié.

6. Vérifier l’expression sur au moins une ligne où F=1 et une ligne où F=0.

Exemple 10 — Table vers équation

Une fonction de deux variables vaut 1 pour 01 et 10.

Somme de mintermes : F = ¬A·B + A·¬B = Σm(1,2).

La fonction obtenue est également la fonction XOR.

5.4.2. De l’équation vers le circuit logique

Chaque opérateur de l’expression devient une porte. Les compléments sont réalisés par des inverseurs, les produits par des portes ET et les sommes par des portes OU. Il faut respecter la structure des parenthèses et partager un signal intermédiaire lorsqu’une même sous-expression est réutilisée.

1. Identifier les compléments et placer les inverseurs nécessaires.

2. Repérer les opérations les plus internes aux parenthèses.

3. Créer une porte pour chaque sous-expression et nommer sa sortie.

4. Relier les résultats conformément aux opérations de niveau supérieur.

5. Vérifier le nombre d’entrées de chaque porte et la polarité des signaux.

6. Comparer l’équation du circuit reconstruit à l’équation de départ.

Exemple 11 — Équation vers circuit

F = ¬A·B + A·C.

N₁ = ¬A ; N₂ = N₁·B ; N₃ = A·C ; F = N₂+N₃.

Le circuit comporte un inverseur, deux portes ET et une porte OU.

5.4.3. Du circuit vers l’équation

Pour analyser un circuit, il est déconseillé d’écrire immédiatement une expression globale. La méthode robuste consiste à nommer la sortie de chaque porte et à progresser des entrées vers la sortie.

1. Identifier les entrées primaires.

2. Nommer la sortie de chaque première porte : N₁, N₂, etc.

3. Écrire l’équation locale de chaque porte.

4. Continuer dans l’ordre de propagation jusqu’à la sortie.

5. Substituer les expressions intermédiaires si une forme globale est demandée.

6. Ajouter des parenthèses autour des sous-expressions substituées.

Exemple 12 — Circuit vers équation

Une porte OU reçoit A et B : N₁=A+B.

Un inverseur reçoit C : N₂=¬C.

Une porte ET reçoit N₁ et N₂ : F=N₁·N₂.

Expression globale : F=(A+B)·¬C.

5.4.4. De l’équation vers la table de vérité

Pour construire une table à partir d’une expression, on énumère toutes les entrées puis on ajoute une colonne pour chaque sous-expression. Les colonnes intermédiaires réduisent les erreurs et rendent la correction vérifiable.

1. Lister les 2ⁿ combinaisons dans l’ordre binaire.

2. Créer une colonne pour chaque complément.

3. Créer ensuite les colonnes des produits et des sommes internes.

4. Calculer la sortie finale après les sous-expressions.

5. Contrôler les cas limites et les parenthèses.

Prenons F = ¬A·B + A·C.

A

B

C

¬A

N₁=¬A·B

N₂=A·C

F=N₁+N₂

0

0

0

1

0

0

0

0

0

1

1

0

0

0

0

1

0

1

1

0

1

0

1

1

1

1

0

1

1

0

0

0

0

0

0

1

0

1

0

0

1

1

1

1

0

0

0

0

0

1

1

1

0

0

1

1

La fonction vaut 1 sur les lignes 2, 3, 5 et 7, donc F = Σm(2,3,5,7).

5.4.5. Vérification de cohérence entre représentations

Vérification

Question à poser

Erreur détectée

nombre de lignesla table contient-elle 2ⁿ combinaisons ?combinaison oubliée ou dupliquée
polaritéchaque complément du circuit apparaît-il dans l’équation ?inversion oubliée
parenthèsesla structure des niveaux de portes est-elle conservée ?ordre d’opérations incorrect
cas testsles sorties de quelques lignes coïncident-elles ?mauvaise traduction
indices canoniquesles indices Σm correspondent-ils exactement aux 1 ?minterme incorrect
complément des indicesΣm et ΠM sont-ils complémentaires ?ligne mal classée

5.4.6. Erreurs fréquentes lors des conversions

Erreur

Conséquence

Prévention

utiliser la règle des mintermes pour un maxtermepolarités toutes inverséesmémoriser que le maxterme doit valoir 0 sur sa ligne
omettre une variable dans un terme canoniquele terme couvre plusieurs lignesvérifier que chaque variable apparaît une fois
confondre somme de produits et produit de sommesréseau de portes différentidentifier l’opérateur externe
dessiner un circuit sans parenthèsesmauvais ordre des portesnommer les sous-expressions
calculer la table directement de têteerreurs difficiles à localiserajouter des colonnes intermédiaires
oublier une ligne où F=1 ou F=0forme canonique incomplètecocher chaque ligne sélectionnée

5.5. Travaux dirigés

TD 1 — Établir la table de vérité d’une expression

On considère F(A,B,C)=¬A·B + A·¬C.

1. Identifier les sous-expressions nécessaires.

2. Construire les huit combinaisons de A, B et C.

3. Ajouter les colonnes ¬A, ¬C, ¬A·B et A·¬C.

4. Calculer F.

5. Donner la notation Σm et la notation ΠM de F.

Démarche attendue
La table doit montrer les calculs intermédiaires. Un tableau contenant uniquement la colonne finale n’explique pas la méthode et rend les erreurs difficiles à corriger.

TD 2 — Déterminer l’expression logique d’un circuit

Un circuit comporte une porte NAND recevant A et B, une porte NOR recevant B et C, puis une porte ET recevant les deux sorties.

1. Nommer les deux sorties intermédiaires N₁ et N₂.

2. Écrire les équations N₁ et N₂.

3. Écrire l’expression globale F.

4. Développer F avec De Morgan.

5. Construire la table de vérité pour vérifier l’expression.

TD 3 — Vérifier une identité booléenne

Vérifier l’identité A + ¬A·B = A + B par deux méthodes.

1. Méthode algébrique : utiliser la distributivité A+BC=(A+B)(A+C).

2. Méthode exhaustive : construire une table avec les deux membres.

3. Conclure sur l’équivalence et expliquer l’intérêt de l’identité pour la simplification.

TD 4 — Transformer un circuit avec De Morgan

La fonction est F = ¬[(A+B)·(C+¬D)].

1. Appliquer De Morgan au produit externe.

2. Appliquer De Morgan à chaque somme.

3. Supprimer les doubles négations.

4. Donner l’expression finale avec uniquement des sommes et des produits simples.

5. Proposer une réalisation à l’aide de portes NAND ou NOR.

TD 5 — Construire les formes canoniques

Une fonction G(A,B,C) vaut 1 lorsque le nombre de bits à 1 est au moins égal à deux.

1. Construire la table de vérité.

2. Identifier les indices des lignes où G=1.

3. Écrire G sous la forme Σm.

4. Développer la somme de mintermes.

5. Identifier les indices où G=0 et écrire la forme ΠM.

6. Comparer le nombre de termes des deux formes.

TD 6 — Problème de synthèse

Un système d’autorisation utilise trois entrées : I indique que l’utilisateur est identifié, D qu’un droit d’accès est valide et U qu’une procédure d’urgence est active. L’accès A est autorisé si l’utilisateur est identifié et possède le droit, ou si l’urgence est active.

1. Définir la fonction A(I,D,U).

2. Construire sa table de vérité.

3. Écrire ses formes canoniques Σm et ΠM.

4. Simplifier algébriquement la forme canonique.

5. Dessiner le circuit avec des portes de base.

6. Transformer le circuit en une réalisation NAND–NAND.

5.6. Activité pratique proposée

Vérification des lois et équivalence de circuits par simulation

L’activité peut être réalisée avec Logisim Evolution, Proteus, Multisim ou tout simulateur de logique numérique. Elle vise à vérifier qu’une identité algébrique correspond à une équivalence de circuits pour toutes les combinaisons d’entrée.

Étape

Travail demandé

Résultat attendu

1. Lois de baseréaliser A+0, A·1, A+1 et A·0mesures conformes aux lois neutres et absorbantes
2. Complémentaritécomparer A+¬A et A·¬Asorties constantes 1 et 0
3. Distributivitéréaliser les deux membres de A(B+C)=AB+ACsorties identiques pour huit combinaisons
4. De Morgancomparer ¬(A+B) et ¬A·¬Béquivalence complète
5. Forme canoniqueimplanter Σm(1,2,5,7)table identique à la spécification
6. Universalitéconvertir la forme SOP en NAND–NANDmême fonction avec portes NAND
7. Analysecompter portes, niveaux et inversionscomparaison argumentée des réalisations
Compte rendu attendu
Présenter les schémas, les tables de résultats, les équations de chaque version, les captures de simulation et une conclusion sur l’équivalence logique et le coût matériel.

Synthèse du chapitre

Notion

À retenir

lois fondamentaleselles transforment une expression sans modifier sa fonction
éléments neutresA+0=A et A·1=A
éléments absorbantsA+1=1 et A·0=0
complémentaritéA+¬A=1 et A·¬A=0
distributivitépermet le développement, la factorisation et le changement de forme
double négation¬¬A=A
De Morgancomplémenter chaque terme et échanger ET avec OU
mintermeproduit qui vaut 1 pour une seule ligne
maxtermesomme qui vaut 0 pour une seule ligne
SOP canoniquesomme des mintermes associés aux lignes F=1
POS canoniqueproduit des maxtermes associés aux lignes F=0
conversiontable, équation et circuit doivent rester équivalents
Fil directeur
Table de vérité → indices → mintermes ou maxtermes → forme canonique → simplification → circuit → vérification.

Glossaire essentiel

Terme

Définition concise

algèbre de Boolealgèbre de variables binaires et d’opérations logiques.
identitéégalité vraie pour toutes les combinaisons des variables.
équivalencerelation entre deux expressions ayant toujours la même sortie.
littéralvariable sous forme directe ou complémentée.
dualitééchange simultané de + avec · et de 0 avec 1.
absorptionloi permettant d’éliminer un terme inclus dans un autre.
De Morganthéorèmes transformant le complément d’un produit ou d’une somme.
mintermeproduit contenant tous les littéraux et valant 1 sur une seule ligne.
maxtermesomme contenant tous les littéraux et valant 0 sur une seule ligne.
forme canoniqueécriture normalisée construite à partir de mintermes ou de maxtermes.
somme de produitsOU de plusieurs termes produits.
produit de sommesET de plusieurs termes sommes.
Σmnotation compacte d’une somme de mintermes.
ΠMnotation compacte d’un produit de maxtermes.
valeur indifférentecombinaison dont la sortie n’est pas imposée par le cahier des charges.
signal intermédiairesortie interne utilisée pour décomposer l’analyse d’un circuit.

Exercices d’application

Exercice 1 — Lois fondamentales

Simplifier en indiquant la loi utilisée à chaque étape :

1. F₁=A+0 ; F₂=B·1 ; F₃=C+C ; F₄=D·D.

2. F₅=A+1 ; F₆=B·0 ; F₇=C+¬C ; F₈=D·¬D.

3. F₉=A·B+B·A ; F₁₀=A+(B+A).

4. F₁₁=A·(B+¬B) ; F₁₂=(A+0)·(B+1).

Exercice 2 — Transformations algébriques

Simplifier les expressions suivantes :

1. F=A·B+A·¬B.

2. G=A+A·B.

3. H=A·(A+B).

4. K=A+¬A·B.

5. L=(A+B)(A+¬B).

6. M=A·B+¬A·B+A·¬B.

Exercice 3 — Vérification d’identités

1. Vérifier par table de vérité : A+B·C=(A+B)(A+C).

2. Vérifier par algèbre : A·B+A·¬B=A.

3. Vérifier par deux méthodes : A+¬A·B=A+B.

4. Déterminer si A·(B+C)=A·B+C est une identité. Justifier.

Exercice 4 — Théorèmes de De Morgan

Transformer et simplifier :

1. ¬(A·B·C).

2. ¬(A+B+C).

3. ¬[A·(B+C)].

4. ¬[(A+B)(C+D)].

5. ¬[A+¬(B·C)].

6. ¬{[A+¬B]·[¬C+D]}.

Exercice 5 — Mintermes et maxtermes

1. Écrire le minterme et le maxterme associés à ABC=010.

2. Écrire le minterme et le maxterme associés à ABC=111.

3. Donner l’indice de A·¬B·C·¬D.

4. Donner le mot binaire associé au maxterme ¬A+B+¬C+D.

5. Expliquer pourquoi un minterme vaut 1 sur une seule ligne.

Exercice 6 — Formes canoniques

Pour F(A,B,C)=Σm(0,2,3,6) :

1. Développer la somme de mintermes.

2. Construire la table de vérité.

3. Écrire la notation produit de maxtermes.

4. Développer la forme POS canonique.

5. Simplifier la fonction si possible.

Exercice 7 — Équation, table et circuit

On considère F=¬A·B+A·C.

1. Construire la table de vérité avec colonnes intermédiaires.

2. Donner les formes Σm et ΠM.

3. Décrire le circuit avec portes de base.

4. Écrire une réalisation NAND–NAND.

5. Vérifier la sortie pour A=1, B=0, C=1.

Exercice 8 — Analyse d’un circuit verbal

Une porte NOR reçoit A et B. Sa sortie et C alimentent une porte NAND. La sortie finale est F.

1. Nommer le signal intermédiaire N.

2. Écrire F en fonction de N et C.

3. Substituer N pour obtenir l’expression globale.

4. Appliquer De Morgan et simplifier.

5. Construire la table de vérité.

Exercice 9 — Problème de majorité

Une sortie M vaut 1 si au moins deux des trois entrées A, B et C valent 1.

1. Construire la table de vérité.

2. Écrire la forme canonique Σm.

3. Écrire la forme canonique ΠM.

4. Montrer que M=A·B+A·C+B·C.

5. Proposer un circuit logique minimal.

Exercice 10 — Système d’autorisation

Un accès est accordé si une carte C est valide et si le code P est correct, sauf lorsqu’un blocage B est actif. Une commande d’urgence U autorise toutefois l’accès indépendamment de C et P, mais seulement si B=0.

1. Définir la fonction A(C,P,B,U).

2. Factoriser l’expression obtenue.

3. Construire la table de vérité.

4. Donner la notation Σm.

5. Proposer une réalisation avec portes de base puis avec NAND.

Auto-évaluation

Affirmation

Vrai / Faux

A+0=A et A·1=A sont des lois d’élément neutre.

 

A+A=2A en algèbre de Boole.

 

A+¬A=1 pour toute valeur de A.

 

La distributivité A+B·C=(A+B)(A+C) est valide.

 

¬(A+B)=¬A+¬B.

 

Un minterme contient toutes les variables.

 

Un maxterme vaut 1 sur une seule ligne.

 

La forme Σm utilise les lignes où F=1.

 

La forme ΠM utilise les lignes où F=0.

 

Une forme canonique est toujours minimale.

 

Deux expressions équivalentes ont la même table de vérité.

 

Pour analyser un circuit, il est utile de nommer les signaux intermédiaires.

 

Corrigé synthétique

Exercice 1

F₁=A ; F₂=B ; F₃=C ; F₄=D ; F₅=1 ; F₆=0 ; F₇=1 ; F₈=0. F₉=A·B par commutativité et idempotence. F₁₀=A+B. F₁₁=A. F₁₂=A·1=A.

Exercice 2

Expression

Simplification

Loi principale

A·B+A·¬BA(B+¬B)=Afactorisation et complémentarité
A+A·BAabsorption
A(A+B)Aabsorption duale
A+¬A·BA+Bréduction
(A+B)(A+¬B)A+B·¬B=Adistributivité duale
A·B+¬A·B+A·¬BB+A·¬B=A+Bfactorisation puis réduction

Exercice 3

Les trois premières égalités sont des identités. Pour la quatrième, A(B+C)=AB+AC, et non AB+C. Un contre-exemple est A=0, C=1 : le membre gauche vaut 0 tandis que AB+C vaut 1.

Exercice 4

1. ¬A+¬B+¬C.

2. ¬A·¬B·¬C.

3. ¬A+¬B·¬C.

4. ¬A·¬B+¬C·¬D.

5. ¬A·(B·C).

6. ¬(A+¬B)+¬(¬C+D)=¬A·B+C·¬D.

Exercice 5

Pour 010 : m₂=¬A·B·¬C et M₂=A+¬B+C. Pour 111 : m₇=A·B·C et M₇=¬A+¬B+¬C. Le terme A·¬B·C·¬D correspond à 1010₂, donc m₁₀. Le maxterme ¬A+B+¬C+D est nul pour A=1, B=0, C=1, D=0, donc le mot est 1010 et l’indice M₁₀.

Exercice 6

F=¬A·¬B·¬C+¬A·B·¬C+¬A·B·C+A·B·¬C. Les zéros sont aux indices 1,4,5,7 : F=ΠM(1,4,5,7).

F=(A+B+¬C)(¬A+B+C)(¬A+B+¬C)(¬A+¬B+¬C)

Une simplification possible est F=¬A·¬C+¬A·B+A·B·¬C, puis F=¬A·B+B·¬C+¬A·¬C selon les regroupements. La forme exacte minimale sera étudiée plus systématiquement avec Karnaugh au chapitre suivant.

Exercice 7

La table a déjà été construite dans la section 5.4.4. F=Σm(2,3,5,7)=ΠM(0,1,4,6). Le circuit de base utilise un inverseur, deux portes ET et une porte OU. Pour A=1, B=0, C=1, F=1.

Réalisation NAND–NAND : N₁=NAND(¬A,B)=¬(¬A·B), N₂=NAND(A,C)=¬(A·C), puis F=NAND(N₁,N₂). Le complément ¬A peut être produit par NAND(A,A).

Exercice 8

N=¬(A+B). La sortie est F=¬(N·C). En substituant : F=¬[¬(A+B)·C]. Par De Morgan, F=(A+B)+¬C=A+B+¬C.

A

B

C

N=¬(A+B)

F=¬(N·C)

0

0

0

1

1

0

0

1

1

0

0

1

0

0

1

0

1

1

0

1

1

0

0

0

1

1

0

1

0

1

1

1

0

0

1

1

1

1

0

1

Exercice 9

M vaut 1 pour 011, 101, 110 et 111 : M=Σm(3,5,6,7). Les zéros sont 000,001,010,100 : M=ΠM(0,1,2,4). La forme simplifiée est M=A·B+A·C+B·C.

A

B

C

M

0

0

0

0

0

0

1

0

0

1

0

0

0

1

1

1

1

0

0

0

1

0

1

1

1

1

0

1

1

1

1

1

Exercice 10

L’accès est A=¬B·(C·P+U). Le blocage doit être inactif dans les deux modes. Cette forme factorisée utilise un inverseur, une porte ET pour C·P, une porte OU avec U, puis une porte ET avec ¬B.

C

P

B

U

A

0

0

0

0

0

0

0

0

1

1

0

0

1

0

0

0

0

1

1

0

0

1

0

0

0

0

1

0

1

1

0

1

1

0

0

0

1

1

1

0

1

0

0

0

0

1

0

0

1

1

1

0

1

0

0

1

0

1

1

0

1

1

0

0

1

1

1

0

1

1

1

1

1

0

0

1

1

1

1

0

Avec l’ordre CPBU, A=Σm(1,5,9,12,13).

Réponses de l’auto-évaluation

Vrai ; Faux ; Vrai ; Vrai ; Faux ; Vrai ; Faux ; Vrai ; Vrai ; Faux ; Vrai ; Vrai.