Chapitre 4 — Fonctions logiques fondamentales
Niveau conseillé : Bac+1 / Bac+2 — Cycle préparatoire, BTS, BUT, Licence
| Finalité du chapitre Passer d’une situation décrite par des conditions binaires à une fonction logique, représenter cette fonction par une table de vérité et une expression, puis l’implanter avec des portes logiques de base, universelles ou particulières. |
Présentation du chapitre
Les systèmes numériques prennent des décisions à partir d’informations qui ne possèdent que deux états : actif ou inactif, vrai ou faux, présence ou absence, niveau haut ou niveau bas. Pour raisonner indépendamment des tensions électriques exactes, on remplace ces états physiques par des variables binaires notées 0 et 1.
Une fonction logique décrit la relation entre plusieurs variables d’entrée et une ou plusieurs sorties. Elle peut être présentée sous forme verbale, par une table de vérité, par une expression algébrique, par un symbole de porte ou par un chronogramme. La maîtrise du passage entre ces représentations constitue la base de toute conception en logique combinatoire.
Le chapitre étudie d’abord les variables, les fonctions, les tables de vérité et les expressions. Il présente ensuite les portes NON, ET et OU, puis les portes universelles NAND et NOR. Enfin, il analyse les portes XOR et XNOR ainsi que leurs applications en comparaison, addition, détection de changement et contrôle de parité.
Objectifs pédagogiques
À la fin du chapitre, l’étudiant sera capable de… | Indicateur de maîtrise |
|---|---|
| identifier les variables binaires d’une situation | chaque condition est associée sans ambiguïté à 0 ou 1 |
| définir une fonction logique | la sortie est exprimée en fonction des entrées |
| construire et lire une table de vérité | les 2ⁿ combinaisons sont présentes et correctement ordonnées |
| évaluer une expression logique | la priorité des opérations et les compléments sont respectés |
| expliquer le fonctionnement de NON, ET et OU | équation, table et chronogramme sont cohérents |
| utiliser NAND ou NOR comme porte universelle | NON, ET et OU sont reconstruits correctement |
| distinguer XOR et XNOR et choisir leur application | la différence, l’égalité et le choix de la porte sont correctement justifiés |
Prérequis
- comprendre les niveaux logiques 0 et 1 ainsi que la logique positive ;
- lire un chronogramme simple et reconnaître un front montant ou descendant ;
- maîtriser le comptage binaire sur quelques bits ;
- savoir qu’avec n entrées binaires il existe 2ⁿ combinaisons possibles.
Organisation du chapitre
Section | Contenu principal | Compétence dominante |
|---|---|---|
| 4.1 | variables, fonctions, tables de vérité et expressions | modéliser et représenter |
| 4.2 | portes NON, ET et OU | analyser les opérateurs fondamentaux |
| 4.3 | portes NAND et NOR | construire avec une famille universelle |
| 4.4 | portes XOR et XNOR | résoudre des fonctions de différence et d’égalité |
| 4.5 | méthode d’analyse d’un réseau de portes | relier schéma, équations et table |
| 4.6 | activité pratique | simuler, câbler et vérifier |

Figure 1 — Symboles et équations des principales portes étudiées dans ce chapitre.
4.1. Variables et fonctions logiques
4.1.1. Variable binaire
Une variable binaire est une grandeur abstraite qui ne peut prendre que deux valeurs. On la note généralement par une lettre majuscule : A, B, C pour les entrées ; Q, S ou Y pour les sorties. Les valeurs 0 et 1 ne sont pas nécessairement des nombres à additionner : elles représentent avant tout deux états logiques opposés.
Situation physique | Variable | Convention possible pour 0 | Convention possible pour 1 |
|---|---|---|---|
| interrupteur | A | ouvert | fermé |
| capteur de présence | P | absence | présence |
| température contrôlée | T | seuil non atteint | seuil atteint |
| commande d’un moteur | M | arrêt | marche |
| autorisation | E | refusée | accordée |
| niveau électrique en logique positive | X | niveau bas | niveau haut |
| Convention indispensable Avant tout calcul, il faut définir précisément ce que signifient 0 et 1 pour chaque variable. Une mauvaise convention conduit à une fonction correcte mathématiquement mais incorrecte pour le système réel. |
4.1.2. Logique positive et logique négative
En logique positive, le niveau électrique le plus élevé est associé à l’état 1 et le niveau le plus faible à l’état 0. En logique négative, cette association est inversée. Sauf indication contraire, les tables et équations de ce cours utilisent la logique positive. La fonction logique reste une relation abstraite ; sa réalisation électrique dépend ensuite de la technologie et de la convention de niveaux.
Convention | Niveau bas | Niveau haut | Usage dans ce chapitre |
|---|---|---|---|
| logique positive | 0 | 1 | convention par défaut |
| logique négative | 1 | 0 | mentionnée lorsqu’un signal est actif à l’état bas |
4.1.3. Fonction logique
Une fonction logique associe à chaque combinaison des entrées une valeur de sortie déterminée. Si une sortie Q dépend de deux variables A et B, on écrit Q = f(A, B). Pour trois variables, Q = f(A, B, C). Dans un circuit combinatoire idéal, la sortie dépend uniquement des valeurs présentes aux entrées, sans mémoire de l’état passé.
Q = f(A, B, C, …), avec A, B, C, Q ∈ {0, 1}
Exemple 1 — Autorisation de mise en marche A = 1 si l’opérateur appuie sur le bouton de marche. S = 1 si le protecteur de sécurité est fermé. Q = 1 si le moteur est autorisé à fonctionner. Le cahier des charges impose que les deux conditions soient satisfaites : Q = A · S. |
Le nombre d’entrées d’une fonction est parfois appelé son arité. Une porte NON a une entrée ; les portes ET, OU, NAND, NOR, XOR et XNOR sont souvent représentées avec deux entrées, mais plusieurs d’entre elles existent aussi avec trois entrées ou davantage.
4.1.4. Table de vérité
Une table de vérité énumère toutes les combinaisons possibles des entrées et indique, pour chacune, la valeur de la sortie. Elle constitue une description complète et non ambiguë de la fonction. Avec n variables d’entrée, la table contient 2ⁿ lignes de données.
Nombre de combinaisons d’entrée = 2ⁿ
Figure 2 — Méthode régulière de génération des combinaisons d’entrée.
1. Lister les variables d’entrée dans un ordre fixe, par exemple A, B, C.
2. Créer 2ⁿ lignes, sans compter l’en-tête.
3. Faire varier la variable de droite à chaque ligne, la suivante toutes les deux lignes, puis toutes les quatre lignes, etc.
4. Évaluer la sortie pour chaque combinaison à partir du cahier des charges ou de l’expression.
5. Relire les lignes limites, notamment toutes les entrées à 0 et toutes les entrées à 1.
Exemple 2 — Table d’une alarme simple P = présence détectée ; E = système armé ; A = alarme. L’alarme doit être active uniquement si le système est armé et qu’une présence est détectée. La fonction est A = P · E. |
P | E | A = P·E | Interprétation |
|---|---|---|---|
0 | 0 | 0 | système non armé, aucune présence |
0 | 1 | 0 | système armé, aucune présence |
1 | 0 | 0 | présence, mais système non armé |
1 | 1 | 1 | présence détectée avec système armé |
4.1.5. Expression logique
Une expression logique combine des variables à l’aide d’opérateurs. Les trois opérateurs fondamentaux sont le complément NON, le produit logique ET et la somme logique OU. L’expression peut être évaluée ligne par ligne, transformée algébriquement ou traduite directement en un réseau de portes.
Opération | Notations usuelles | Lecture | Priorité conventionnelle |
|---|---|---|---|
| NON | ¬A, A̅, NOT(A) | non A | 1 — la plus forte |
| ET | A·B, AB, A AND B | A et B | 2 |
| OU | A+B, A OR B | A ou B | 3 — la plus faible |
| XOR | A⊕B, A XOR B | A ou B exclusivement | selon parenthèses / convention précisée |
| Règle de lecture En l’absence de parenthèses, le complément est appliqué d’abord, puis le ET, puis le OU. Pour éviter toute ambiguïté, il est recommandé d’utiliser des parenthèses dans les expressions longues. |
Exemple 3 — Évaluation d’une expression Q = ¬A · B + C, avec A = 0, B = 1 et C = 0. Étape 1 : ¬A = 1. Étape 2 : ¬A · B = 1 · 1 = 1. Étape 3 : Q = 1 + 0 = 1. |
4.1.6. Équivalence de deux expressions
Deux expressions sont logiquement équivalentes lorsqu’elles produisent la même sortie pour toutes les combinaisons d’entrée. La vérification la plus directe consiste à construire leurs tables de vérité et à comparer les colonnes de sortie. Cette notion sera approfondie dans le chapitre consacré à l’algèbre de Boole.
Exemple 4 — Deux écritures équivalentes Q₁ = ¬(A·B) correspond à une porte NAND. Q₂ = ¬A + ¬B produit exactement la même table de vérité. Il s’agit d’une première illustration du théorème de De Morgan. |
4.2. Portes logiques de base
Une porte logique est un circuit élémentaire qui réalise physiquement une fonction booléenne. Son symbole représente la fonction abstraite ; les valeurs de tension qui correspondent à 0 et 1 dépendent de la famille technologique. Dans les analyses suivantes, les portes sont supposées idéales : les retards de propagation et les niveaux indéterminés sont ignorés sauf mention contraire.
4.2.1. Porte NON — inverseur
La porte NON possède une seule entrée. Sa sortie prend toujours la valeur opposée à l’entrée. Elle est également appelée inverseur. Le petit cercle placé sur la sortie du symbole indique l’inversion ou l’activation à l’état bas.
Q = ¬A
A | Q = ¬A | Interprétation |
|---|---|---|
0 | 1 | entrée inactive → sortie active |
1 | 0 | entrée active → sortie inactive |
Sur un chronogramme idéal, chaque changement de A est immédiatement reproduit à l’opposé sur Q. Dans un composant réel, la sortie change après un faible temps de propagation.
Application | Principe |
|---|---|
| commande active à l’état bas | transformer un signal actif à 1 en une commande active à 0 |
| détection d’absence | produire 1 lorsque le capteur de présence vaut 0 |
| génération d’un complément | fournir simultanément A et ¬A à d’autres portes |
| adaptation logique | inverser la polarité logique d’une information |
Exemple 5 — Voyant « réservoir vide » P = 1 lorsque du liquide est détecté. Le voyant V doit s’allumer en l’absence de liquide. La relation est donc V = ¬P. |
4.2.2. Porte ET
La porte ET produit 1 uniquement lorsque toutes ses entrées valent 1. Elle représente une condition cumulative : chaque exigence doit être satisfaite. Pour deux entrées, la notation du produit logique est A·B ; ce point n’est pas une multiplication arithmétique ordinaire, même si certaines propriétés sont similaires.
Q = A · B
A | B | Q = A·B | Lecture |
|---|---|---|---|
0 | 0 | 0 | aucune condition satisfaite |
0 | 1 | 0 | A manque |
1 | 0 | 0 | B manque |
1 | 1 | 1 | les deux conditions sont satisfaites |
Application | Traduction logique | ||
| autorisation de démarrage | bouton appuyé ET sécurité validée | ||
| validation d’une donnée | donnée présente ET signal d’activation actif | ||
| détection d’un intervalle | condition basse satisfaite ET condition haute satisfaite | ||
| verrouillage de sécurité | toutes les protections doivent être fermées |
Exemple 6 — Commande sécurisée d’un moteur M = bouton Marche ; C = capot fermé ; Q = commande moteur. Le moteur ne doit démarrer que si le bouton est appuyé et le capot fermé. Q = M · C. Si l’une des deux entrées vaut 0, Q reste à 0. |
4.2.3. Porte OU
La porte OU produit 1 dès qu’au moins une entrée vaut 1. Elle représente une condition alternative ou inclusive. Le cas A = 1 et B = 1 donne également une sortie à 1, ce qui distingue OU de OU exclusif.
Q = A + B
A | B | Q = A+B | Lecture |
|---|---|---|---|
0 | 0 | 0 | aucune condition satisfaite |
0 | 1 | 1 | B suffit |
1 | 0 | 1 | A suffit |
1 | 1 | 1 | les deux conditions sont admises |
Application | Traduction logique | ||
| alarme multi-capteurs | fumée OU température excessive | ||
| commande depuis deux postes | bouton local OU bouton distant | ||
| signalement d’un défaut | défaut de tension OU défaut de courant | ||
| fonction de secours | source principale disponible OU source secondaire disponible |
Exemple 7 — Déclenchement d’une alarme F = fumée détectée ; T = température excessive ; A = alarme. Un seul danger suffit à déclencher l’alarme. A = F + T. L’alarme vaut 0 uniquement lorsque F = 0 et T = 0. |
4.2.4. Lecture des chronogrammes
Figure 3 — Chronogrammes idéalisés des portes NON, ET et OU.
1. Découper l’axe du temps en intervalles où les entrées restent constantes.
2. Lire les valeurs de toutes les entrées sur un même intervalle.
3. Appliquer la table de vérité de la porte.
4. Reporter la valeur de sortie sur tout l’intervalle.
5. Dans une étude réelle, décaler le changement de sortie du temps de propagation indiqué par le composant.
| Erreur fréquente Un chronogramme se lit verticalement : les valeurs d’entrée prises à un même instant doivent être combinées ensemble. Il ne faut pas comparer des portions décalées dans le temps. |
4.2.5. Comparaison des portes de base
Porte | Condition pour Q = 1 | Condition pour Q = 0 | Idée à retenir |
|---|---|---|---|
| NON | A = 0 | A = 1 | opposition |
| ET | toutes les entrées à 1 | au moins une entrée à 0 | conditions cumulatives |
| OU | au moins une entrée à 1 | toutes les entrées à 0 | conditions alternatives |
4.3. Portes logiques universelles
4.3.1. Notion d’universalité
Une porte est dite universelle lorsqu’elle permet, à elle seule, de réaliser les opérations NON, ET et OU. Comme toute fonction logique peut être construite à partir de ces opérations fondamentales, une famille composée uniquement de portes universelles peut implanter n’importe quelle fonction combinatoire.
L’universalité possède un intérêt industriel : réduire le nombre de références de composants, réutiliser les portes disponibles dans un circuit intégré et simplifier certaines réalisations. Elle ne garantit toutefois pas que la solution obtenue soit la plus rapide ou la plus économique en nombre de portes.
4.3.2. Porte NAND
NAND signifie NOT-AND. La porte calcule d’abord le produit logique des entrées, puis inverse le résultat. Sa sortie vaut donc 0 uniquement lorsque toutes les entrées valent 1. Dans tous les autres cas, la sortie vaut 1.
Q = ¬(A · B)
A | B | A·B | Q = ¬(A·B) |
|---|---|---|---|
0 | 0 | 0 | 1 |
0 | 1 | 0 | 1 |
1 | 0 | 0 | 1 |
1 | 1 | 1 | 0 |
| Lecture rapide Une NAND vaut 1 tant qu’au moins une entrée vaut 0. Elle ne vaut 0 que pour la combinaison entièrement active. |
4.3.3. Réalisation de NON, ET et OU avec NAND
Figure 4 — Principe de l’universalité de la porte NAND.
Fonction recherchée | Réalisation avec NAND | Justification |
|---|---|---|
| NON | ¬A = A NAND A | A·A = A, puis inversion |
| ET | A·B = (A NAND B) NAND (A NAND B) | la seconde NAND agit comme inverseur |
| OU | A+B = (A NAND A) NAND (B NAND B) | application de De Morgan avec inversion des entrées |
Exemple 8 — ET à l’aide de NAND N₁ = NAND(A, B) = ¬(A·B). Les deux entrées d’une deuxième NAND reçoivent N₁. Q = NAND(N₁, N₁) = ¬N₁ = A·B. |
4.3.4. Porte NOR
NOR signifie NOT-OR. La porte calcule la somme logique, puis inverse le résultat. Sa sortie vaut 1 uniquement lorsque toutes les entrées valent 0. Dès qu’une entrée est active, la sortie devient 0.
Q = ¬(A + B)
A | B | A+B | Q = ¬(A+B) |
|---|---|---|---|
0 | 0 | 0 | 1 |
0 | 1 | 1 | 0 |
1 | 0 | 1 | 0 |
1 | 1 | 1 | 0 |
| Lecture rapide Une NOR vaut 1 seulement si aucune entrée n’est active. |
4.3.5. Réalisation de NON, OU et ET avec NOR
Figure 5 — Principe de l’universalité de la porte NOR.
Fonction recherchée | Réalisation avec NOR | Justification |
|---|---|---|
| NON | ¬A = A NOR A | A+A = A, puis inversion |
| OU | A+B = (A NOR B) NOR (A NOR B) | la seconde NOR agit comme inverseur |
| ET | A·B = (A NOR A) NOR (B NOR B) | application de De Morgan avec inversion des entrées |
4.3.6. Choisir entre NAND et NOR
Critère | Réalisation NAND | Réalisation NOR |
|---|---|---|
| forme naturellement favorable | produits puis sommes, logique active bas fréquente | sommes puis produits, certaines structures de commande |
| inverseur | une NAND avec entrées reliées | une NOR avec entrées reliées |
| disponibilité matérielle | dépend du circuit intégré ou de la bibliothèque | dépend du circuit intégré ou de la bibliothèque |
| performance | évaluer le nombre d’étages et le retard total | évaluer le nombre d’étages et le retard total |
| règle pratique | choisir la solution comportant le moins de portes et d’inversions inutiles | même principe |
| Précaution temporelle Remplacer une porte par plusieurs NAND ou NOR augmente souvent le nombre d’étages. Chaque étage ajoute un retard de propagation ; deux circuits logiquement équivalents peuvent donc avoir des performances temporelles différentes. |
4.4. Portes logiques particulières
4.4.1. Porte OU exclusif — XOR
La porte XOR produit 1 lorsque ses deux entrées sont différentes. Pour deux variables, elle correspond à l’idée « A ou B, mais pas les deux simultanément ». Elle est particulièrement utile pour détecter une différence, calculer le bit de somme d’un additionneur et déterminer la parité d’un ensemble de bits.
Q = A ⊕ B = ¬A·B + A·¬B
A | B | Q = A⊕B | Interprétation |
|---|---|---|---|
0 | 0 | 0 | entrées identiques |
0 | 1 | 1 | entrées différentes |
1 | 0 | 1 | entrées différentes |
1 | 1 | 0 | entrées identiques |
| XOR à plusieurs entrées Pour plusieurs bits, une chaîne XOR vaut 1 lorsque le nombre de bits à 1 est impair. Cette propriété explique son utilisation pour le calcul de parité. |
4.4.2. Porte d’équivalence — XNOR
La porte XNOR est le complément de XOR. Elle produit 1 lorsque ses deux entrées sont égales : toutes les deux à 0 ou toutes les deux à 1. Elle est donc également appelée porte d’équivalence ou comparateur d’égalité sur un bit.
Q = ¬(A ⊕ B) = A·B + ¬A·¬B
A | B | Q = XNOR(A,B) | Interprétation |
|---|---|---|---|
0 | 0 | 1 | égalité |
0 | 1 | 0 | différence |
1 | 0 | 0 | différence |
1 | 1 | 1 | égalité |
4.4.3. Comparaison de XOR et XNOR
Propriété | XOR | XNOR |
|---|---|---|
| sortie à 1 | entrées différentes | entrées identiques |
| relation | inégalité | égalité |
| complémentarité | Q_XOR = ¬Q_XNOR | Q_XNOR = ¬Q_XOR |
| application intuitive | détecter une différence | valider une correspondance |
4.4.4. Application à la comparaison
Pour comparer deux bits A et B, XNOR fournit directement le signal d’égalité. Pour comparer deux mots binaires de plusieurs bits, on applique XNOR à chaque paire de positions puis on combine tous les résultats par une porte ET. Les mots sont égaux uniquement si toutes les paires de bits sont égales.
Égalité sur n bits : E = XNOR(Aₙ₋₁,Bₙ₋₁) · … · XNOR(A₀,B₀)
Exemple 9 — Comparaison de deux mots sur 4 bits A = 1011 et B = 1011 : chaque paire de bits est identique, donc E = 1. A = 1011 et B = 1001 : la paire de rang 1 diffère, donc une XNOR vaut 0 et E = 0. |
4.4.5. Application à l’addition — demi-additionneur
L’addition de deux bits A et B produit un bit de somme S et un bit de retenue R. La somme vaut 1 lorsque un seul des bits est à 1 : c’est une fonction XOR. La retenue vaut 1 lorsque les deux bits sont à 1 : c’est une fonction ET.
S = A ⊕ B et R = A · B
A | B | Somme arithmétique | S | R |
|---|---|---|---|---|
0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
0 | 1 | 1 | 1 | 0 |
1 | 0 | 1 | 1 | 0 |
1 | 1 | 10₂ | 0 | 1 |
| Interprétation La dernière ligne ne donne pas une somme égale à zéro : 1 + 1 = 10₂. Le bit de poids faible est S = 0 et le bit transporté vers le rang suivant est R = 1. |
4.4.6. Application à la détection de changement
Si l’on compare l’état actuel d’un signal à son état précédent, XOR vaut 1 lorsque les deux valeurs sont différentes. Dans un système synchrone, l’état précédent peut être conservé dans une bascule. Le signal de changement devient D = état_actuel ⊕ état_précédent.
État précédent | État actuel | D | Événement |
|---|---|---|---|
0 | 0 | 0 | aucun changement |
0 | 1 | 1 | front montant détecté |
1 | 0 | 1 | front descendant détecté |
1 | 1 | 0 | aucun changement |
XOR détecte les deux sens de changement. Pour distinguer un front montant d’un front descendant, une logique supplémentaire doit tenir compte de la valeur actuelle et de la valeur précédente.
4.4.7. Application au contrôle de parité
Le XOR de plusieurs bits indique la parité du nombre de bits à 1. Le résultat vaut 0 lorsque ce nombre est pair et 1 lorsqu’il est impair. Pour construire une parité paire, le bit de parité ajouté est choisi de manière que le XOR de tous les bits transmis soit égal à 0.
Exemple 10 — Calcul d’une parité paire Données : 1011001. Elles contiennent quatre bits à 1, nombre déjà pair. Le XOR de tous les bits vaut 0 ; le bit de parité paire est donc P = 0. Si les données étaient 1011000, elles contiendraient trois bits à 1 ; il faudrait P = 1. |
Figure 6 — Applications typiques des portes XOR et XNOR.
4.5. Méthode d’analyse d’un réseau de portes
4.5.1. Analyse par signaux intermédiaires
Lorsqu’un schéma comporte plusieurs portes, il est préférable de nommer la sortie de chaque porte intermédiaire. On écrit ensuite une équation locale pour chaque signal, depuis les entrées vers la sortie finale. Cette méthode évite les oublis de complément et facilite la construction de la table de vérité.
1. Identifier les entrées primaires et la sortie finale.
2. Nommer chaque nœud intermédiaire : N₁, N₂, N₃, etc.
3. Écrire l’équation de chaque porte dans l’ordre de propagation.
4. Substituer les expressions intermédiaires si une expression globale est demandée.
5. Construire une table comportant aussi les colonnes N₁, N₂, … pour vérifier le calcul.
6. Comparer les résultats à une simulation ou à quelques cas limites du cahier des charges.
Exemple 11 — Réseau à trois portes N₁ = ¬A ; N₂ = B + C ; Q = N₁ · N₂. Expression globale : Q = ¬A · (B + C). Q vaut 1 lorsque A = 0 et qu’au moins une des entrées B ou C vaut 1. |
A | B | C | N₁=¬A | N₂=B+C | Q=N₁·N₂ |
|---|---|---|---|---|---|
0 | 0 | 0 | 1 | 0 | 0 |
0 | 0 | 1 | 1 | 1 | 1 |
0 | 1 | 0 | 1 | 1 | 1 |
0 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 |
1 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
1 | 0 | 1 | 0 | 1 | 0 |
1 | 1 | 0 | 0 | 1 | 0 |
1 | 1 | 1 | 0 | 1 | 0 |
4.5.2. Passage entre les représentations
Point de départ | Méthode | Résultat |
|---|---|---|
| description verbale | définir les variables puis traduire les conditions « et », « ou », « non », « différent », « égal » | expression et table de vérité |
| table de vérité | repérer les lignes où Q vaut 1 et exprimer les conditions correspondantes | expression logique |
| expression | respecter les parenthèses et remplacer chaque opérateur par sa porte | schéma logique |
| schéma | nommer les sorties intermédiaires puis écrire les équations | expression et table |
| chronogramme | évaluer la fonction intervalle par intervalle | forme temporelle de la sortie |
4.5.3. Erreurs fréquentes
Erreur | Conséquence | Prévention |
|---|---|---|
| confondre OU et XOR | la ligne A=B=1 est incorrecte | mémoriser que le OU inclusif accepte les deux entrées à 1 |
| oublier une inversion | la fonction entière peut être complémentée | repérer chaque petit cercle et chaque barre de complément |
| omettre des lignes de table | la fonction n’est pas complètement vérifiée | contrôler le total 2ⁿ |
| mauvaise priorité des opérateurs | évaluation d’une autre expression | ajouter des parenthèses |
| relier une entrée flottante en pratique | sortie instable ou imprévisible | forcer chaque entrée à un niveau défini |
| ignorer le retard de propagation | pics transitoires non anticipés | analyser les chemins et consulter la fiche technique |
4.6. Activité pratique proposée
Étude expérimentale des portes et réalisation d’un mini-système
L’activité peut être conduite avec Logisim Evolution, Proteus, Multisim ou un montage sur plaque d’essai utilisant des circuits logiques, des interrupteurs et des LED. Les résistances de limitation des LED et la mise à un niveau défini de toutes les entrées doivent être respectées.
Étape | Travail demandé | Résultat attendu |
|---|---|---|
| 1. Variables | définir 0 et 1 pour deux interrupteurs A et B | convention documentée |
| 2. Portes de base | vérifier NON, ET et OU pour toutes les combinaisons | tables de vérité expérimentales |
| 3. Chronogrammes | appliquer une séquence d’entrées et relever les sorties | chronogrammes cohérents |
| 4. Universalité | réaliser ET avec NAND puis OU avec NOR | fonctions identiques aux portes directes |
| 5. XOR / XNOR | réaliser un détecteur de différence et un indicateur d’égalité | LED de différence et LED d’égalité |
| 6. Addition | construire un demi-additionneur | sorties somme et retenue validées |
| 7. Analyse | comparer nombre de portes, niveaux logiques et retards observés | conclusion argumentée |
| Compte rendu attendu Objectif, liste du matériel ou du simulateur, schémas, tables mesurées, chronogrammes, écarts éventuels entre modèle idéal et montage réel, puis conclusion. |
Synthèse du chapitre
Notion | À retenir |
|---|---|
| Variable binaire | grandeur à deux états, notés 0 et 1 après définition d’une convention |
| Fonction logique | relation qui fixe la sortie pour chaque combinaison des entrées |
| Table de vérité | description exhaustive comportant 2ⁿ lignes pour n entrées |
| Expression logique | combinaison de variables et d’opérateurs booléens |
| NON | produit le complément de l’entrée |
| ET | vaut 1 seulement si toutes les conditions sont vraies |
| OU | vaut 1 dès qu’au moins une condition est vraie |
| NAND / NOR | portes universelles capables de reconstruire NON, ET et OU |
| XOR | vaut 1 lorsque les entrées diffèrent ; somme et parité |
| XNOR | vaut 1 lorsque les entrées sont identiques ; comparaison d’égalité |
| Fil directeur Cahier des charges → variables et conventions → table de vérité → expression → choix des portes → chronogramme ou validation expérimentale. |
Glossaire essentiel
Terme | Définition concise |
|---|---|
| Variable binaire | variable limitée aux valeurs logiques 0 et 1. |
| Fonction logique | correspondance entre des entrées binaires et une sortie binaire. |
| Table de vérité | table donnant la sortie pour toutes les combinaisons des entrées. |
| Expression logique | écriture symbolique d’une fonction booléenne. |
| Complément | valeur logique opposée à une variable ou à une fonction. |
| Porte logique | circuit élémentaire qui réalise une opération booléenne. |
| Niveau actif | niveau électrique ou logique qui déclenche la fonction considérée. |
| Porte universelle | porte permettant de reconstruire toutes les fonctions logiques. |
| NAND | complément du produit logique ET. |
| NOR | complément de la somme logique OU. |
| XOR | fonction de différence ou de parité impaire. |
| XNOR | fonction d’égalité ou d’équivalence. |
| Chronogramme | représentation de l’évolution temporelle des signaux. |
| Temps de propagation | retard entre une variation d’entrée et la réponse de sortie. |
| Signal intermédiaire | sortie interne nommée pour faciliter l’analyse d’un réseau. |
Exercices d’application
Exercice 1 — Variables et conventions
1. Définir des variables binaires pour un bouton Marche, un capteur de porte fermée et une lampe.
2. Proposer une convention 0/1 claire pour chaque variable.
3. Écrire verbalement la condition selon laquelle la lampe s’allume seulement si le bouton est appuyé et la porte fermée.
Exercice 2 — Construction de tables de vérité
1. Construire la table complète d’une fonction Q(A,B,C) qui vaut 1 lorsque A = 1 et qu’au moins une des entrées B ou C vaut 1.
2. Construire la table d’une sortie R qui vaut 1 lorsqu’aucune des trois entrées n’est active.
3. Vérifier que chaque table contient exactement huit lignes de données.
Exercice 3 — Portes de base
1. Donner l’équation et la table de vérité des fonctions NON, ET et OU.
2. Une alarme doit fonctionner si le capteur F détecte de la fumée ou si le capteur T détecte une température excessive. Écrire la fonction.
3. Un moteur doit fonctionner si M = 1, S = 1 et E = 1. Écrire la fonction pour une porte ET à trois entrées.
4. Un voyant doit s’allumer quand le capteur P ne détecte aucune présence. Écrire la fonction.
Exercice 4 — Évaluation d’expressions
1. Évaluer Q = ¬A·B + C pour (A,B,C) = (1,1,0), puis (0,1,0), puis (1,0,1).
2. Évaluer R = ¬(A+B) pour les quatre combinaisons de A et B.
3. Construire la table de S = (A+B)·¬C.
Exercice 5 — NAND et NOR
1. Construire la table de vérité de NAND et de NOR.
2. Montrer qu’une NAND dont les deux entrées sont reliées réalise NON.
3. Donner les équations intermédiaires permettant de réaliser OU uniquement avec NAND.
4. Donner les équations intermédiaires permettant de réaliser ET uniquement avec NOR.
5. Comparer le nombre de portes nécessaires pour une fonction ET directe et sa réalisation avec NAND.
Exercice 6 — XOR, XNOR et applications
1. Construire les tables de XOR et XNOR et vérifier qu’elles sont complémentaires.
2. Donner la sortie d’un comparateur XNOR pour les paires 00, 01, 10 et 11.
3. Calculer la somme S et la retenue R d’un demi-additionneur pour toutes les entrées.
4. Calculer le XOR de 101101 et en déduire si le nombre de bits à 1 est pair ou impair.
5. Écrire une fonction qui vaut 1 lorsque deux capteurs fournissent des informations différentes.
Exercice 7 — Analyse d’un réseau
On considère N₁ = A·B, N₂ = ¬C et Q = N₁ + N₂.
1. Écrire l’expression globale de Q.
2. Construire une table comprenant A, B, C, N₁, N₂ et Q.
3. Décrire verbalement la condition pour laquelle Q vaut 0.
4. Proposer un exemple d’application correspondant à cette fonction.
Exercice 8 — Problème de synthèse
Un système possède deux boutons de commande A et B, un capteur de sécurité S et deux voyants. Le voyant D doit indiquer que les boutons sont dans des états différents. Le voyant V doit s’allumer lorsque les boutons sont identiques et que la sécurité est validée. Définir les variables, écrire les deux fonctions, construire la table de vérité complète et préciser les portes nécessaires.
Auto-évaluation
Affirmation | Vrai / Faux |
|---|---|
| Une fonction de trois variables possède quatre combinaisons d’entrée. |
|
| La porte OU vaut 0 seulement lorsque toutes ses entrées valent 0. |
|
| La porte ET vaut 1 dès qu’au moins une entrée vaut 1. |
|
| Une NAND est le complément d’une porte ET. |
|
| Une NOR peut être utilisée comme inverseur en reliant ses entrées. |
|
| XOR vaut 1 lorsque ses deux entrées sont identiques. |
|
| XNOR peut servir à comparer deux bits. |
|
| Le XOR de plusieurs bits permet d’étudier leur parité. |
|
| Deux circuits logiquement équivalents ont toujours le même retard. |
|
| Les parenthèses sont utiles pour éviter une ambiguïté dans une expression. |
|
Corrigé synthétique
Exercice 1
Exemple de convention : M = 1 si le bouton Marche est appuyé ; P = 1 si la porte est fermée ; L = 1 si la lampe est allumée. La condition demandée est L = M·P.
Exercice 2
Première fonction : Q = A·(B+C). Deuxième fonction : R = ¬(A+B+C), donc R vaut 1 uniquement pour 000.
A | B | C | Q=A·(B+C) | R=¬(A+B+C) |
|---|---|---|---|---|
0 | 0 | 0 | 0 | 1 |
0 | 0 | 1 | 0 | 0 |
0 | 1 | 0 | 0 | 0 |
0 | 1 | 1 | 0 | 0 |
1 | 0 | 0 | 0 | 0 |
1 | 0 | 1 | 1 | 0 |
1 | 1 | 0 | 1 | 0 |
1 | 1 | 1 | 1 | 0 |
Exercice 3
Alarme : A = F+T. Commande moteur : Q = M·S·E. Voyant d’absence : V = ¬P. Les tables des portes fondamentales correspondent aux sections 4.2.1 à 4.2.3.
Exercice 4
Pour Q = ¬A·B+C : Q(1,1,0)=0 ; Q(0,1,0)=1 ; Q(1,0,1)=1. R = ¬(A+B) vaut 1 uniquement pour A=B=0.
A | B | C | A+B | ¬C | S=(A+B)·¬C |
|---|---|---|---|---|---|
0 | 0 | 0 | 0 | 1 | 0 |
0 | 0 | 1 | 0 | 0 | 0 |
0 | 1 | 0 | 1 | 1 | 1 |
0 | 1 | 1 | 1 | 0 | 0 |
1 | 0 | 0 | 1 | 1 | 1 |
1 | 0 | 1 | 1 | 0 | 0 |
1 | 1 | 0 | 1 | 1 | 1 |
1 | 1 | 1 | 1 | 0 | 0 |
Exercice 5
NAND : 1, 1, 1, 0 pour 00, 01, 10, 11. NOR : 1, 0, 0, 0. Inverseur NAND : ¬A = A NAND A. OU avec NAND : N₁=A NAND A=¬A ; N₂=B NAND B=¬B ; Q=N₁ NAND N₂=A+B. ET avec NOR : N₁=A NOR A=¬A ; N₂=B NOR B=¬B ; Q=N₁ NOR N₂=A·B. Un ET direct nécessite une porte ; sa construction NAND en nécessite deux.
Exercice 6
XOR : 0,1,1,0 ; XNOR : 1,0,0,1. Le demi-additionneur donne S=A⊕B et R=A·B. Le mot 101101 contient quatre bits à 1 : son XOR global vaut 0 et la parité est paire. La fonction de désaccord de deux capteurs est D=A⊕B.
Exercice 7
Expression globale : Q=A·B+¬C. Q vaut 0 lorsque A·B=0 et C=1, c’est-à-dire lorsque C est actif mais que A et B ne sont pas simultanément actifs.
A | B | C | N₁=A·B | N₂=¬C | Q |
|---|---|---|---|---|---|
0 | 0 | 0 | 0 | 1 | 1 |
0 | 0 | 1 | 0 | 0 | 0 |
0 | 1 | 0 | 0 | 1 | 1 |
0 | 1 | 1 | 0 | 0 | 0 |
1 | 0 | 0 | 0 | 1 | 1 |
1 | 0 | 1 | 0 | 0 | 0 |
1 | 1 | 0 | 1 | 1 | 1 |
1 | 1 | 1 | 1 | 0 | 1 |
Exercice 8
D = A⊕B. V = XNOR(A,B)·S. Le voyant D exige une porte XOR. Le voyant V exige une XNOR suivie d’une porte ET avec S.
A | B | S | D=A⊕B | E=XNOR(A,B) | V=E·S |
|---|---|---|---|---|---|
0 | 0 | 0 | 0 | 1 | 0 |
0 | 0 | 1 | 0 | 1 | 1 |
0 | 1 | 0 | 1 | 0 | 0 |
0 | 1 | 1 | 1 | 0 | 0 |
1 | 0 | 0 | 1 | 0 | 0 |
1 | 0 | 1 | 1 | 0 | 0 |
1 | 1 | 0 | 0 | 1 | 0 |
1 | 1 | 1 | 0 | 1 | 1 |
Réponses de l’auto-évaluation
Faux ; Vrai ; Faux ; Vrai ; Vrai ; Faux ; Vrai ; Vrai ; Faux ; Vrai.